Chronique d'un travailleur autonome

Le saut

Les derniers mois ont été particulièrement stressants. Il arrive plusieurs moments dans la vie d’une personne où l’on se retrouve à une croisée des chemins. C’est ce que j’ai vécu à la fin octobre quand j’ai perdu mon emploi.

J’ai eu beaucoup de doute les derniers mois après avoir été mis à pied pour raisons économiques pour la première fois de ma vie. Est-ce que la raison était vraiment que la compagnie avait un passage à vide ? Est-ce que c’était que je ne faisais pas vraiment l’affaire et qu’ils ne voulaient pas me le dire ? Est-ce que c’était parce qu’on ne m’aimait pas personnellement ?

Dans tous les cas, j’ai été immensément chanceux d’avoir eu envie d’aller diner avec d’anciens collègues. Voir des gens parce qu’on a envie de les voir, sans arrière intention mène parfois à des résultats surprenants. Je ne me rappelle pas si je l’ai mentionné en premier ou si c’est eux, mais quelqu’un a mentionné la possibilité de leur donner un coup de main en tant que pigiste. En même temps, on m’offrait un emploi ailleurs. J’ai donc eu à choisir entre réaliser un de mes rêves, devenir travailleur autonome, ou bien opter pour la sécurité et accepter un emploi.

Afin de me sécuriser un peu plus d’heures à court terme afin de me décider à me lancer, j’ai passé par dessus mon égo blessé et j’ai envoyé un courriel à mon ancien employeur pour savoir s’ils étaient intéressés à m’engager ponctuellement pour des contrats de pige. Je crois que j’avais surtout besoin de finalité sur ce traumatisme, mais aussi, j’aimais vraiment mon travail. J’ai été agréablement surpris de voir qu’ils étaient effectivement intéressés, ce qui a été un baume sur mon estime de moi meurtri.

Ça fait donc un peu plus d’un mois que je suis à mon compte. Jusqu’à présent, ça se passe vraiment bien. Le plus difficile est de réaliser que je n’ai à rendre de comptes à personne sur mon emploi du temps. Ma responsabilité est de livrer ce que je promets de livrer, dans les délais promis. J’ai quand même le réflexe de me justifier lorsque je ne suis pas disponible pour un appel sur le moment comme je suis chez un autre client par exemple. C’est un réflexe que je vais devoir me débarrasser.

J’ai parfois aussi des moments un peu tristes où je réalise que je ne fais pas vraiment partie de l’équipe, et qu’on me voit peut-être comme un mercenaire. Je dois cependant faire attention à ne pas trop m’attacher, même si je souhaite mesurer mon succès par la continuation de ma relation d’affaires avec eux à long terme.

Dans tous les cas, je suis extrêmement chanceux de commencer mon expérience de travailleur autonome avec deux partenaires qui m’aident à me vendre comme service ajouté à leurs clients. Maintenant, c’est à moi de leur montrer qu’ils n’ont pas eu tort de me faire confiance.

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